Legal Education and Violence Against Women: Ethical and Professional Demands

Monday, November 23, 2015

By: Prof. Suzanne Bouclin

Pamela Cross’s lecture on November 11th titled “Legal Education and Violence Against Women: Ethical and Professional Demands,” called on legal educators to make Violence Against Women (VAW) a mandatory topic of study in law faculties. Students, practitioners, members of the private and public sector and professors assembled to hear this highly-regarded feminist lawyer who has devoted her career to educating the broader public about and advocating with and on behalf of women and children who experience violence.

Shirley Greenberg Professor of Women and the Legal Profession Elizabeth Sheehy introduced the event, reminding those present of the intimate femicides perpetrated in the Ottawa Valley on September 21st and acknowledging the three women who lost their lives: Anastasia Kuzyk, Nathalie Warmerdam, and Carol Culleton.  She urged people to support the Ottawa Coalition to End Violence Against Women’s (OCTEVAW) Shine the Light campaign to bring community awareness to violence against women and girls. Moderator Professor Suzanne Bouclin insisted that November 11th – a day or remembering the casualties of armed conflict – must also be used to mark the lost lives of civilian women and children, against whom multiple forms of violence are regularly wielded in order to attain military and political objectives.   

Ms Cross began by explaining that VAW is not merely the domain of family and criminal law; rather it is a serious, socially-embedded problem that is often misunderstood, overlooked by lawyers working in other fields of law and ignored by the legal system more broadly. Part of the problem, she argued, is that VAW is not being taught widely or consistently in Canadian law schools. She acknowledged the important shifts in legal teaching over the last few decades and the inclusion of feminist and critical perspectives in course curricula as a result of work by feminist activists and academics.

She cautioned, however, that there remain on-going challenges to integrating feminist understandings of VAW within law faculties and queried how it might be done in a more comprehensive, embedded and consistent manner. Core concepts need to be introduced to law students, for example the understanding that VAW, domestic violence, and sexual violence are not mutually exclusive; that VAW can be disclosed by clients in any context and that lawyers must be able to see its relevance to the legal issues they are representing; and that our rules of ethics and professional conduct have particular implications in terms of VAW. She discussed the rules that govern integrity (what makes for an effective advocate in the context of VAW), core competencies (what skills do lawyers need in order to meaningfully work with women who have experienced trauma and violence), and confidentiality (how do the rules around confidentiality operate to render women and girls more vulnerable).  

Recommendations for curriculum change emerged during the question period, including: making VAW courses mandatory (to avoid further alienating the self-selected students who already see it as important and to acknowledge that VAW ought to be a pervasive component of the curricula); training professors on who to appropriate integrate VAW perspectives into their existing teaching; and rethinking course material with the view that VAW issues  arise in almost any area of law.


Her talk drew on her earlier work with the Law Commission of Ontario reportA Framework for Teaching about Violence Against Women and reports of Ontario’s Domestic Violence Death Review Committee. Both of these commissions have recommended that law schools in Ontario make VAW a mandatory component of the curriculum. The event was co-sponsored by the Shirley Greenberg Chair for Women and the Legal Profession and the Cavanagh LLP Professionalism Joint Speaker Series at the University of Ottawa, Faculty of Law. Law professors, students and activists are now in discussion about how to move this issue forward at uOttawa and at the national level.

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Le 11 novembre 2015, des étudiant(e)s, des avocat(e)s, des membres des secteurs privé et public et des professeurs se sont réunis pour entendre Me Pamela Cross se prononcer sur le thème de la formation juridique et de la violence faite aux femmes et des exigences sur les plans éthique et professionnel (Legal Education and Violence Against Women: Ethical and Professional Demands). Me Cross est une éminente avocate féministe qui a consacré sa carrière à éduquer le grand public au sujet de la défense des droits des femmes et des enfants qui subissent de la violence en plus de défendre elle-même ces personnes. L’objectif principal de son discours était d’inciter les participants à se demander si la violence faite aux femmes(VFF) (en anglais "Violence Against Women (VAW)") devrait être enseignée de façon plus explicite dans les facultés de droit.

La professeure Elizabeth Sheehy a présenté l’événement en rappelant aux membres de l’auditoire les homicides conjugaux récemment commis dans la région de la vallée de l'Outaouais en rendant hommage aux trois femmes qui ont perdu la vie (Anastasia Kuzyk, Nathalie Warmerdam, et Carol Culleton). Elle a exhorté l’assistance à appuyer la campagne de la Coalition d'Ottawa contre la violence faite aux femmes, intitulée Pleine Lumière afin de sensibiliser l’ensemble de la communauté au phénomène de la violence contre les femmes et les enfants : http://www.octevaw-cocvff.ca/fr/projects/faire-la-lumiere. La professeure Suzanne Bouclin, en sa qualité de modératrice, a insisté sur l’à-propos de la date du 11 novembre – une journée consacrée au souvenir des pertes en vies civiles durant les conflits armés – en soulignant que les femmes et les enfants civils ont été parmi les plus grandes victimes de la guerre et que les multiples formes de violence sont le plus souvent dirigées contre ces civils afin d’atteindre, ce faisant, des objectifs militaires et politiques.   

Me Cross a commencé son allocution en expliquant que la violence faite aux femmes ne relève pas uniquement du droit de la famille et du droit pénal; en fait, il s’agit plutôt d’un problème de société grave souvent mal compris, voire ignoré, par les avocats qui exercent dans d’autres domaines du droit et auquel l’ensemble du système juridique ne semble pas, en général, attacher l’importance que ce fléau mérite pourtant. Selon elle, une partie du problème est que la violence faite aux femmes n’est pas un sujet d’études traité, ni enseigné couramment et/ou de façon constante dans les facultés de droit canadiennes. Elle a certes reconnu les importants changements apportés à la formation juridique au cours des dernières décennies et l’inclusion des perspectives féministe et critique dans les programmes d’études juridiques grâce aux efforts déployés par les militantes et universitaires féministes. Elle a cependant rappelé qu’il restait des défis importants à relever pour ce qui est de l’intégration des interprétations féministes de la VFF au sein des facultés de droit et se demande comment on pourrait réaliser cette intégration de façon plus complète, et plus uniforme et générale. Elle a à cet effet présenté quelques suggestions concernant son contenu spécifique. Elle a notamment recommandé de comprendre et de faire valoir que la VFF, la violence familiale et la violence sexuelle ne sont pas mutuellement exclusives ; d’explorer la manière dont la profession juridique facilite la VFF à la fois à titre symbolique et dans la réalité ; de remettre en question de façon critique nos règles d’éthique et normes de conduite – comme celles qui traitent de l’intégrité (ce qui fait qu’un défenseur se montre efficace dans le contexte de la VFF), les compétences essentielles (de quelles aptitudes et habiletés les avocats ont besoin pour travailler efficacement avec des femmes qui ont subi des traumatismes et de la violence), et le devoir de confidentialité (la manière dont les règles entourant la confidentialité fonctionnent de façon à rendre les femmes et les filles plus vulnérables). Voici quelques-unes des recommandations formulées pendant cette période de questions : rendre obligatoires les cours sur la VFF (afin d’éviter d’aliéner davantage les étudiantes et étudiants qui ont fait le choix de prendre ces cours, ayant reconnu l’importance du sujet et ce faisant, modifier la culture dominante au sein des facultés de droit pour reconnaître que la VFF devrait être une composante systématique de tout programme d’études en droit) ; former les professeurs sur la manière d’intégrer de façon appropriée des perspectives de la VFF à leur enseignement actuel ; et repenser le matériel pédagogique dans l’optique de soulever les enjeux liés à la VFF dans presque tous les domaines du droit.

Son allocution se fondait sur le travail qu’elle avait réalisé pour la Commission du droit de l’Ontario, intitulé Modules de formation des facultés de droit ontariennes : Cadre d’enseignement permettant d’aborder la violence à l’égard des femmes - août 2012 (http://www.lco-cdo.org/fr/violence-against-women-modules-final-report) et d’autres rapports produits pour le Comité d’examen des décès dus à la violence familiale de l’Ontario. Cet événement était parrainé par la Série de conférences professionnelles conjointes Cavanagh s.r.l. et de la Chaire Shirley E. Greenberg pour les femmes et la profession juridique à l’Université d’Ottawa, Faculté de droit. 


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